Movie Review #1 « Gone Girl » de David Fincher

Cette semaine, la sortie du film Gone Girl a marqué le retour aux affaires de David Fincher, un personnage atypique dans le paysage cinématographique américain. Trois ans seulement après la sortie en salle de l’adaptation du premier volet de la saga Millenium Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, énorme succès commercial et dont la suite se fait attendre, le cinéaste dévoile Gone Girl, son dixième film.

Adapté du roman Les Apparences, succès littéraire de l’année 2013 signé Gillian Flynn, qui a également participé à l’écriture du scénario film, Gone Girl nous plonge dans l’intimité du couple Dunne, incarné par Ben Affleck et la british Rosamund Pike. Tout démarre le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, quand Amy disparaît sans laisser d’autres traces qu’un journal intime où elle raconte comment son couple se désagrège. Très vite, tout accuse Nick qui devient le suspect idéal pour la police, les voisins et surtout les médias. La question que l’on pouvait se poser était : est-ce que Ficher allait réussir à reprendre tous les éléments qui ont fait le succès du roman ?

On peut déjà vous répondre par l’affirmatif. Gone Girl est une réussite pour plusieurs raisons. Premièrement, le film reste fidèle à l’univers construit par Gillian Flynn, un univers qui lui permet de mêler deux genres qu’il affectionne tout particulièrement : le thriller et la satire sociale. En effet, si Gone Girl s’ouvre sur une véritable enquête dont le but est de déterminer si oui ou non Nick Dunne a assassiné sa femme,  Gone Girl vire très vite à la critique de la société américaine, son rapport au sensationnel et nous livre une vision acide du mariage.

Fincher reprend donc la recette gagnante du roman et alterne avec brio entre les points de vue des principaux protagonistes. Dans cette entreprise, le choix des acteurs principaux s’avère crucial. Si l’on n’est pas vraiment surpris par la performance de Ben Affleck, excellent dans le rôle du mari bogosse dépassé par les événements (on sent d’ailleurs que l’acteur a pris du plaisir à casser son image de playboy), sa partenaire est LA véritable révélation du film. Là où l’on attendait les bankables Nathalie Portman ou Emily Blunt, la production a choisi la moins connue Rosamund Pike. Un choix qui s’est avéré payant tant l’actrice est saisissante dans le rôle de la femme (un peu trop) parfaite.

Gone Girl n’est donc clairement pas la meilleure réalisation de Fincher ni même la plus surprenante (le réalisateur avait placé la barre haute avec Seven) mais on prend beaucoup de plaisir à suivre les différents personnages et à assembler les différentes pièces du puzzle proposées par le scénario. Au niveau visuel, le film est beau, reprenant l’esthétique  métallique qui est maintenant la marque de fabrique du réalisateur. L’environnement dans lequel les protagonistes du film évoluent, une petite bourgade sans histoire du Missouri, contribue à perdre le spectateur dans ce jeu de piste grandeur nature où personne n’est ce qu’il semble être.

Gone Girl est en salle depuis le 8 octobre 2014. Si vous ne l’avez toujours pas vu, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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