Spleen Paris par Haithem Bouslama

tee Caramel copie

Nous sommes allées à la rencontre d’Haithem Bouslama pour qu’il nous parle un peu plus de sa deuxième marque de vêtements Spleen Paris. Depuis notre entretien il y a quelques années, beaucoup de choses ont passé. Il entame maintenant une nouvelle histoire avec cette marque, mais ce n’est pas pour autant qu’il a mis de côté Monastirite. Haithem a donc répondu à toutes nos questions concernant Spleen et bien évidemment nous avons abordé plein d’autres sujets, notamment la mode parisienne. Retrouvez son interview dans la suite de l’article.

 

Qui es-tu ?

Haithem Bouslama, Artiste parisien de 23 ans.

 

Ce n’est pas la première marque que tu lances. Où en es-tu avec Monastirite ?

En effet, Monastirite roule de son côté en boutique, mais mon inspiration est essentiellement concentrée sur Spleen Paris.

 

Parle nous de maintenant Spleen-Paris. Pourquoi avoir choisi ce nom ? Depuis combien de temps cette marque existée ?

Pour Baudelaire, et son recueil Spleen et idéal, ses poèmes m’ont particulièrement touché, surtout l’albatros où je m’étais identifié (rires). Je trouvais le mot Spleen esthétique, donc depuis le lycée cela m’est resté dans un coin de tête. La marque a été pensée il y a deux ans, concrètement disponible en boutique depuis octobre 2012.

 

IMG_0680

 

Il s’agit là de ta première collection c’est ça ? D’où t’es venu l’inspiration et ce mélange de matières ?

C’est ma première collection en effet, les hauts sont mes premiers supports, cela va vite évoluer.

L’inspiration est venue suite à la rencontre avec certains tissus, l’alchimie entre leur esthétisme et mes ressentis du moment, me donnait l’impression de devoir faire quelque chose. Cette alchimie est encore mon moteur aujourd’hui et c’est ce qui fait avancer, développer Spleen, ajouter à ça, mes voyages, mes trouvailles, mes recherches. Voilà pourquoi certaines pièces sont exclusives, elles sont comme certaines émotions, éphémères…

Je travaille avec différentes matières, la soie, le coton, le cachemire… Des matières plus ou moins nobles, le support tshirt reste basique, pour l’accessibilité de tous, et l’unisexualité.

 

Pourquoi avoir voulu faire quelque chose de nouveaux et différents ?

Je pensais avoir fait le tour avec Monastirite, je bloquais sur certaines choses. Spleen m’a donné un bol d’air, car je me lançais dans quelque chose que je ne connaissais pas, la mode (Monastirite étant essentiellement de la peinture et du graphisme), je voulais retrouver cette envie d’apprendre, d’entreprendre, mais surtout m’exprimer. De là, tout est aller vite, la conception, les boutiques…

 

Que penses-tu de l’accessibilité du textile pour n’importe qui depuis peu et surtout la scène française avec l’abondance de jeune qui se met dedans avec toutes les marques qui montent.

C’est peut-être Candide, mais si on veut on peut vraiment à Paris. Tout est accessible grâce à internet, cela nous rend de plus en plus autodidactes, on se défait des codes, nous faisons notre propre communication. Paris est une ville constamment active, en province, j’imagine que c’est déjà plus dur. Plusieurs marques montent, mais beaucoup d’entre elles tombent, certains « créateurs » arrivent à se satisfaire d’un buzz, je vise plus loin…

 

IMG_1058

 

Quelle-est pour toi la marque du moment, celle que tu apprécies ?

Je ne suis pas trop ce qui se fait, cependant, j’ai très beaucoup BWGH, admirateur de ce qu’ils proposaient et de ce qu’ils ont réussi à entreprendre. Aujourd’hui, je suis moins fan, mais j’applaudis leur travail de recherche.

 

Quelle est la recette pour pouvoir faire une marque qui parle à tout le monde ?

Malheureusement la communication et le buzz. Il suffit qu’une célébrité porte la sape, ou qu’une vidéo fasse du bruit, et ça propulse la marque qui parlera à tout le monde. Je reviens sur ce que j’ai dit, je connais pas de marque propulsé et qui perdure encore avec autant de ferveur. C’est une recette à double tranchant.

 

Quelle est pour toi l’image ou les choses que les gens recherchent dans une marque de vêtements.

L’originalité, et le concept. Le souci, dès qu’un concept sort, il est vite emparé de tout le monde, et perd de sa nature. Il faut aussi que les vêtements parlent à ceux qui les portent, certains chercheront le confort, certain l’esthétisme, l’originalité, et d’autres le tout à la fois !

 

IMG_0547

La cité de la mode et du design a ouvert à PARIS. Penses-tu que ça peut ouvrir des portes aux jeunes créateurs.

Je ne sais pas, mais je l’espère, BWGH y sont, ce n’est pas là que j’irai pour demander à être exposé.
Certains concepts stores à Paris ont une très grande ouverture d’esprit, et ne jugent pas la marque aux réseaux sociaux, buzz etc, mais vraiment au travail et au résultat final. Je pense particulièrement à Bubblewood, référence à Paris.

 

Aimerais-tu un jour te lancer dans la création haute gamme de vêtements ?

Je ne vois pas l’intérêt de faire ce qu’on appelle du haut de gamme si c’est pour être inaccessible financièrement vis à vis de certaines personnes. Les matières utilisées pour Spleen et le travail effectué est noble et les prix à la portée de tous.

 

Que penses-tu du mixte entre les vêtements de luxe et le street-wear.

Je suis contre, pour de nombreuses raisons. Il s’agit d’une démarche hypocrite de la part des marques de luxe, au départ ils utilisaient le terme luxe pour se différencier du prêt-à-porter et des marques street wear,  mais vu l’ampleur de celles-ci, ses marques de luxe s’emparent des codes des autres (collaborations avec des streets artists, musique urbaine etc) dans l’unique but de vendre. C’est dommage que la seule reconnaissance du travail soit le fait d’être copié et imité.

 

IMG_1165

Des conseils pour les personnes qui veulent monter leur marque ?

S’ils pensent amener quelque chose, qu’ils foncent ! Il ne faut pas baisser les bras, avoir confiance en sois, mais surtout persévérer.

 

Quelle est ta matière de prédilection pour travailler tes pièces ?

Je n’en ai pas, je marche au feeling,  je ne me pose pas de limite, et je vois les contraintes comme des épreuves, ça n’a pas été simple de travailler avec de la soie, mais après avoir redoublé d’efforts, je suis fier du résultat.

 

Quels sont tes plants pour le futur ?

Grâce à la première collection de Spleen, j’ espère que les gens ont cerné l’esprit de Spleen, en septembre sortiront les teddys et chemises, et d’autres nouvelles pièces. L’installation de boutiques à l’étranger. Je serai présent sur plusieurs évènements, comme je l’ai déjà fait, une soirée Spleen au Dessous de Paris, l’exposition à la Kogan Gallery à Beaubourg.

 

FRISE-COLOR1

 

Bubblewood​ 4 Rue Elzevir 75003 Paris

OUT 9 rue Tiquetonne 75002 Paris

OUT II 8 rue Dancourt 75018 Paris

SPRINGSIOUX, 48 rue Sainte Croix de la Bretonnerie 75004 Paris

WWW.SPLEEN-PARIS.COM

NEWSLETTER