Rencontre avec Rad Cartier, une étoile montante du rap signée lignebleuerecords

A l’occasion d’une performance exclusive de Blasé, Lala &ce et de ses amis au Théâtre Daunou hier soir organisée par BUDX, nous avons a pu rencontré RadCartier. Avec authenticité et humour, l’ancien rappeur d’Orléans nous a parlé de musique et de mode. Entretien avec un artiste à la barbe rousse la plus brillante de la Loire.

Salut rad cartier, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
Alors je m’appelle RadCartier, j’ai 25 ans. Je viens d’Orléans maintenant j’habite à Paris depuis trois ans et je fais de la musique.

Depuis combien de temps fais-tu de la musique ?
Alors moi j’ai commencé à écrire mes premiers textes, j’étais en primaire, ça veut dire ça date un peu parce que si tu veux j’ai mes deux grands-frères qui font du rap du coup je suis né dans le bain direct. Ça veut dire que j’ai commencé à toucher des prods déjà au collège mais là sérieusement ça va faire depuis 2015 que j’essaye de fournir un projet par an. Sinon avant j’ai eu des crews, y’avait les cours aussi, la daronne n’était pas trop corda (rires).

• T’as commencé la musique en famille avec tes deux grands-frères et t’as poursuivi avec lignebleuerecords. Dis moi, c’est quoi exactement la lignebleuerecords ?
Alors la lignebleuerecords c’est un label indé (ndlr : pour indépendant) qui a été crée par monast LL qui est aussi artiste intègre du label et Jeune Faune également artiste du label maintenant c’est les deux DA (Directeurs artistiques). En fait, c’est eux qui ont crée ça depuis 2014 il me semble, à la base c’est un studio pluridisciplinaire. Ils font du graphisme, des clips, de la photo, de la video etc. Ils ont créé leur branche « bleue records » en 2018, c’est là qu’on a sorti la première compil « BLEUE VOL.1 » et que j’ai sorti mon premier projet, ma deuxième carte de visite on va dire, « Filles du Calvaire ».

• Un album où ça parle trash des femmes, ça parle cru…
(Rires) Pas trash, c’est notre jargon tu connais, c’est des histoires qui m’ont plus ou moins marquées…

• Y’a une part de romantisme dans tes sons aussi, au début avec ton premier EP « GR8 », c’était beaucoup plus dynamique, y’avait une vraie énergie, vraiment ça « kickait » un peu j’avais l’impression. « Prestigieux » deuxième son de l’EP, dès les premières phrases tu dis « On a tous vu le rap se froisser, le Rad a pris son plus beau fer venu repasser cette merde » Au final peut-on te comparer à un designer de la mode venu dépoussiérer nos albums ?
Totalement (rires), on est venu faire un grand ménage dans ce rap jeu.

• A l’heure où l’on voit des artistes faire des collaborations avec un peu tout le monde, où l’industrie se commercialise, qu’est-ce que ça te fait de rester en famille avec lignebleuerecords ?
Bah c’est la famille en vrai du coup on est là. Je me pose pas trop ces questions là tu vois. A partir du moment où ça marche bien, que les choses se passent bien, je vais pas trop aller voir ailleurs comment les gens font les trucs. Je préfère rester faire mes trucs organiquement, authentiquement avec mes gars, mes proches et voila, on verra par la suite comment les choses avancent. Pour le moment ça charbonne à fond.

• (Rires) Comment se passe une journée type de RadCartier au niveau de la démarche artistique ?
Au niveau de la démarche artistique, ça fait (que) l’aprem une journée où je ne suis pas au stud’ (ndlr : studio) ça va capter des potes, ça va chiller tac tac et après le soir j’aime bien écrire et être un peu tout seul dans mon coin, petit bedo, petite boisson, petits écouteurs je ride dans la ville ou dans des parcs et j’écoute des prods. C’est comme ça que je taffe. Ça va faire deux ans maintenant que je m’entraine à bosser on the spot parce que je mettais du temps à écrire mais depuis deux ans je bosse directement au studio soit en featuring, soit avec des producteurs et je gratte on the spot comme ça et on plie le son dans la journée quoi.

• On t’a entendu posé ta voix sur des musiques un peu plus romantiques comme « Douceur Matinale » et avec des sons un peu énergétiques comme « Gr8 – Prestigieux ». Comment est-ce que tu qualifierais ton univers ?
Mon univers je saurais pas comment le qualifier directement mais je dirais qu’il est assez divers parce que j’écoute de tout, j’aime bien toucher à tout, (je suis) très ouvert musicalement. Du coup c’est pour ça que tu peux entendre des sons de moi un peu plus « kickés », un peu plus « chantés », c’est vraiment tout ce que j’aime. On propose un peu de tout. Du coup, je saurais pas te dire, mon univers c’est un peu un univers d’ovni (rires). Je suis là je m’amuse, je fais mes trucs.

• C’est authentique c’est ce que tu disais tout à l’heure, parce que j’ai l’impression que la personne que l’on croise derrière l’écran c’est la même que l’on croise en fait dehors. (…) Parce que tu te livres un peu parfois dans tes sons, donc on se dit qu’au final, ce mec là a l’air d’être le même en dehors ?
C’est ça ! Nous on reste vrais, on reste honnêtes. Je trouve que c’est important comme on disait tout à l’heure avec mon gars Nyoko. La sincérité c’est ce qui gagne toujours, c’est ce qui paie toujours. On va pas jouer de rôle ou faire les mecs pour je ne sais quoi.

• J’allais te demander, comment tu fais pour associer la mode et musique ?
A la base je faisais des études dans la mode, j’étudiais dans la mode pendant un an et demi en gros en combinant les deux cursus que j’ai fait j’ai pas pu continuer. C’est à partir de ce moment là que je me suis dit « Yo nique tout ça, nique l’école cette merde (rires) je voulais faire du son, c’est à ce moment là que j’ai pris les risques de faire ça parce que je pouvais pas financer d’école que je voulais faire par rapport à mes moyens, la daronne qui n’était pas habilitée à recevoir un prêt. C’est ce qui m’a deter aussi, c’est ce qui me motive et j’essaie de faire des mouvs à coté, toujours des bons combos, bien assortir les trucs, ma petite patte quoi.

• (Ce que tu portes) c’est une collab One Star customisé à ta sauce ?
Non pas du tout ça c’est mon plug qui m’a passé ça, c’est une collaboration avec le crew de Yung Lean je crois.

• Je parlais de mode et musique parce que je t’ai déjà vu plusieurs fois habillé avec des sappes du futur et je t’ai même vu posé à deux reprises pour Benibla à travers des freestyles. « BENIZOOM I » et « BENIZOOM II ». Est-ce que tu peux nous expliquer comment ça s’est déroulé ?


Bah ça s’est déroulé via Instagram en fait. Je crois que c’est NATAS, celui qui a réalisé tous les VT-ZOOMS (morceaux de rad cartier). Il bosse avec Kevin de Bénibla, d’ailleurs S/O à eux et du coup c’est Kevin qui m’a DM qui était tombé sur une de mes tracks, je crois que c’était VT ZOOM I, il a grave kiffé et m’a proposé carte blanche pour le prochain freestyle Benibla donc j’ai fait croquer des gars de mon crew, Dor et Manast. On a cassé ça en équipe.

• As-tu du coup des marques de vêtements qui t’inspires ?
Ouais là en ce moment ce qui m’inspire c’est les marques logistiques, techniques un peu de mécanicien, de plombier, c’est un mélange de ça avec un mélange de marques de montagne. (…) C’est un mix de logistique et de randonnée, j’aime bien ce truc là qui ramène la touche fashion.

• Est-ce que c’est à l’image de ta musique qui prend en maturité ?
Ouais exactement ça prend en maturité, c’est different aussi de comment les gens s’habillent. Celui-là (son pantalon) quand je dégaine des pantalons de techniciens avec tu sais les grosses poches et les bandes réfléchissantes derrières alors que c’est un pantalon en jean — les gens me regardent comme ça en se disant « Yo mais il va bosser ou quoi ? » (rires)

• Je t’ai connu avec « Gr8 », ensuite t’as enchainé avec « Filles du Calvaire » et récemment t’as enchainé avec un EP « VT ZOOK PART I ». Qu’est-ce qu’on peut attendre pour la suite ?
Pour la suite là ça va s’annoncer VT hein, c’est le projet qu’on tease. On attend de voir un peu comment les gens sont prêts, j’aime bien, je prends mon temps aussi un peu, parce que j’ai pas envie de sortir ce projet là et qu’il tombe dans l’oreille d’un sourd. J’essaie de continuer à envoyer, envoyer tous les trucs que je dois envoyer, je pense qu’il y en a beaucoup (rires). Et quand on aura envoyé tout ça, on va envoyer le projet « Vision Thermique » et y’a « VT ZOOK PART II » qui arrive courant 2021, des featurings aussi, des gros feats qui arrivent…

• Ah ouais ? Tu penses qu’on peut avoir quelques idées à peu près ? Quelques notions, trames des guests qu’il y aura ?
(Rires) Ça s’est déjà teasé un peu mais je peux pas parler comme c’est pas moi qui vais le sortir mais ça tape à l’oeil, on va dire ça.

• Qu’est-ce qu’on peut attendre de vous pour la suite ? Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?
Que de l’amour et de la force hein, besoin que de ça dans la vie.

NEWSLETTER