On a rencontré la légende du BMX Nigel Sylvester

À l’occasion de la sortie de sa Nike Air Jordan 1 le 1er septembre dernier, on a rencontré Nigel Sylvester. L’occasion pour la légende du BMX de nous parler de son amour des baskets, comment il en est arrivé ou il est aujourd’hui et ses projets pour la suite.

Salut Nigel, alors tu lances aujourd’hui avec Nike ta première Air Jordan 1, comment tu te sens ?

C’est incroyable mec ! Je voulais être sur d’être à Paris, rencontrer les gens qui l’achèteront. C’est  ma première Air Jordan 1, et j’en porte depuis très longtemps, je me sens très honoré d’avoir cette opportunité. J’ai travaillé avec Frank Cooke, et je lui ai raconté ce que la Jordan 1 représentait pour moi, et comment je la portait quand je n’étais pas sur mon BMX.

Tu as déjà fait une Dunk SB il y a quelques années, et je crois si je me trompe pas que tu es le premier non-basketteur à avoir une Jordan 1, j’imagine que c’est un grand honneur ?

Ouais c’est vraiment un grand honneur. Je suis avec Nike depuis quelques années, et c’était une idée que j’avais en tête depuis pas mal de temps déjà. Ça a pris du temps mais ça c’est finalement passé. Ça pousse à suivre ses rêves, suivre sa passion. Je suis super honoré et surpris de voir autant de monde devant les magasin pour acheter ma paire, voir ma vision de la Jordan 1. Je suis sans mot.

Comment t’es arrivé dans le BMX ? C’est pas le sport le plus connu dans le monde ou aux États-Unis, et pourtant on peut maintenant dire que tu l’as rendu populaire.

Merci (rires) ! J’ai été sur un vélo toute ma vie, depuis que je suis gamin. Et j’ai tout de suite senti une connexion avec le BMX, ça a directement été une passion pour moi. Quelque chose ou je me sens vraiment bien, ou je peux m’exprimer. Et avec le temps je me suis mis en tête de devenir pro et c’est arrivé à mes 18 ans, c’était incroyable. C’était comme si une nouvelle porte s’ouvrait, qui me donnait envie d’être encore meilleur, et de me surpasser chaque jour.

Ça fait 13 ans que tu es pro maintenant, est ce qu’enfant t’avais imaginé en arriver la aujourd’hui ?

C’était un rêve, et j’ai toujours été quelqu’un de super déterminé, chaque jour j’apprenais un nouveau trick, trouvais de nouveaux sponsors, voyageait. Être signé chez Nike à mes 18 ans ça paraissait fou, mais quand c’est arrivé je me suis dit que tout était possible maintenant. Il faut juste se donner les moyens, comme pour cette Jordan 1. Maintenant dès que je les regarde je me dis « Wow ! C’est quoi la suite maintenant ? » (rires).

Beaucoup de gens n’y connaissent rien au BMX, et pourtant ils te connaissent, comme pour le skate ou même sans s’y intéresser on connait Tony Hawk, est ce que, sans vous comparer, on peut dire que tu es un peu le Tony Hawk du BMX ?

(rires) Wow c’est un grand honneur ça ! C’est une vraie légende ! Merci pour la comparaison. Mais j’essaye de suivre mon propre chemin, laisser ma propre trace sur le monde. Je veux montrer aux gens que c’est possible. Il y a des gamins sur leur vélo dans les quartiers en ce moment, et je veux qu’ils comprennent que tout ça c’est possible avec du travail, que eux aussi peuvent avoir un jour leur propre paire de Jordan par exemple. Quand étant petit je voyais Michael Jordan sur les terrains, mais aussi en dehors dans Space Jam par exemple, ça m’a donné beaucoup de motivation. Et aujourd’hui j’en suis la.

Comment c’est fait la connexion avec Nike ? Ça fait pas mal de temps maintenant.

Pour moi la connexion a commencée depuis tout petit, fallait s’acheter des baskets pour aller à l’école (rires). J’ai toujours aimé la marque aussi loin que je me souviennes. Quand j’ai signé chez Nike, j’ai rencontré le  brand manager de la marque, et il m’a tout de suite soutenu dans le programme Nike 6.0. Je suis content d’en faire toujours partie.

T’es ce qu’on appelle un sneakers-addict, on te voit avec pleins de paires différentes sur ton Instagram, et tu fais même du BMX avec certaines très rares et demandées comme les Air Jordan 1 x Off White. Pour toi une paire doit se porter ou tu comprends quand même les collectionneurs qui les stockent ?

Y’a certaines paires que je me garde tranquillement à la maison quand même (rires), mais sinon ouais dans l’ensemble j’aime les porter. Et pour moi le visuel est très important, donc pour des vidéos ou des photos, j’aime porter des paires cool, ça rends l’image encore plus « dope » (rires).

On peut dire que t’as paire, avec son effet abimé, est une manière de dire « portez vos paires ! », non ?

C’est clairement ça ! Mais si certains veulent la stocker pas de soucis (rires) ! Que les gens fassent ce qu’ils veulent tant qu’ils aiment et supportent.

Il y a 10/15 la culture skate/BMX n’était pas vraiment proche de la culture rap, du moins en France, et depuis quelques temps ça a complètement changé. Comment tu vois ça dans 10 ans ?

Le skate et le BMX était plus ou moins en embrouille depuis pas mal d’années, mais de ce côté la ça change aussi, les gens se comprennent plus, j’ai beaucoup d’amis skateur, et j’ai que du respect pour eux. Dès que je suis dans un skatepark les gens ne me montrent que de l’amour. Et peut être que pour le rap et la culture ride c’est pareil, les deux viennent de la rue et donc les gens l’ont compris.

On voit de plus en plus de marque de luxe « s’approprier » la culture street qu’elles rejetaient il n’y a pas si longtemps, et beaucoup de gens sont contre. Et de l’autre côté quand on vois Virgil Abloh Directeur Artistique Homme de chez Louis Vuitton on ne peut que s’en réjouir, quel est ton avis la dessus ?

C’est incroyable que Virgil ai eu cette opportunité. C’est un autre exemple que tout est possible, j’aurais jamais pensé que ça puisse arriver il y a quelques années, et pourtant… Ça me donne même de l’espoir pour mon futur. Je félicite Vuitton d’avoir fait ce choix, et Virgil d’en être arrivé jusque la. Je pense que c’est super pour la culture street.

On peut s’attendre à quoi prochainement venant de toi ?

(rires) il va se passer pleins de choses ! Ça a été une année incroyable. Je préfère garder quelques secrets, et créer la surprise. Mais il y a pas mal de choses qui vont arriver, déjà avec GO, ma marque, et peut être quelques nouvelles Jordan (rires) !

crédit photo : Paul Fogiel

A PROPOS
Cyclones Magazine est un webzine français spécialisé dans la culture urbaine, ou street culture, dans lequel vous trouverez les toutes dernières tendances modes, musicales et artistiques provenant des quatre coins du monde.
NEWSLETTER