Kevin Idoménée, de basketteur à fondateur de Benklark

Kevin Idomnée a un parcours atypique. Issu du centre de formation de Cholet Basket, et passé par l’Hermine de Nantes, deux fois Champion de France Espoirs, il avait une autre passion à côté : le dessin. Une passion qui le pousse finalement à arrêter sa carrière de basketteur avant ses 24 ans pour se consacrer pleinement à cette seconde passion, et plus précisément à sa marque de vêtements : Benklark. Sans jamais vraiment s’éloigner des parquets. Rencontre.

Salut Kevin ! Est ce que tu peux te présenter et surtout nous dire comment t’es arrivé dans le basket ?

Le basket, je suis tombé dedans à 7 ans. J’étais ce qu’on appelle un enfant hyperactif et du coup, besoin de canaliser tout ça ! J’y jouais avec mes potes, j’étais pas mauvais du coup je me suis inscrit dans un club, et j’étais vraiment pas mauvais du coup j’ai évolué d’équipe en équipe. J’ai commencé dans les minimes de l’Hermine de Nantes, tout en étant en sport études, avant d’arriver au centre de formation du Cholet Basket. Et la vers 13-14 ans j’ai commencé à me dire que j’avais une possibilité de me rapprocher de mon rêve qui était d’être pro. J’ai ensuite été 2 fois Champion de France Espoirs, puis retour à Nantes en Pro B. Et la, rencontre avec le monde professionnel, qui été au final complètement différent de ce que j’attendais. J’avais rempli cette objectif d’être pro et du coup j’avais besoin d’un petit temps d’adaptation et de trouver de nouveaux objectifs. Et au final un quotidien s’installe, et j’ai eu besoin de me trouver un truc à côté, un projet. Je senti le besoin de mes coéquipiers de mieux s’habiller en dehors du terrain, de sortir du cliché, et un manque sur ce marché. J’ai toujours aimé dessiner, et en étant pro on se retrouve avec pas mal de temps à combler à côté des entrainements et matchs, donc j’ai dessiné, sans imaginer que ça deviendrais un jour mon métier. Au fil du temps c’est devenu naturel pour moi de dessiner des vêtements, et j’ai commencé à imaginer toute une ligne qui sortait des clichés, et de cette image de l’athlète, pas toujours valorisé par les marques en dehors du temps. J’avais envie, à mon échelle d’amener au basket ce que Lacoste a fait dans le tennis, ou Eden Park dans le rugby. M’inspirer du basket mais aussi de toute cette culture qu’il y a autour.

Tu t’es tout de suite dit « j’arrête le basket et je lance ma marque », ou ça a pris un moment, que l’idée germe ?

Il y a eu un vrai process. À partir du moment ou j’ai créée la marque, c’est allé très vite. J’ai évidemment rencontrer des problématiques, que j’ai surmonté jusqu’à aujourd’hui. Mais il y a évidemment eu tout un process, ça fait juste 1 an, 1 an et demi que je suis sur de l’ADN que je veux donner à Benklark. Mais au final c’est arrivé très vite, il n’y a pas eu beaucoup de réflexions, à partir du moment ou j’ai trouvé qu’il y avait un créneau. Et puis c’était lié à ce que je faisais depuis tout petit.

Peu de personnes aurait pris cette décision, d’arrêter leur rêve et de se lancer tout de suite dans un nouveau projet. C’est assez courageux de ta part non ?

J’aurai pu continuer, mais j’ai eu une blessure. Ça a pas été la raison pour laquelle j’ai arrêté, mais des gens on commencé à s’intéresser à la marque, et tu peux pas faire deux choses à moitié. Il faut choisir. J’en suis amené à me demandé pourquoi je faisais du basket-ball, et à voir ce qu’il y avait au delà du sport.

Quand on regarde les pièces de tes collections, on sent tout de suite une ADN particulière. On ressent évidemment l’influence du basket, mais en terme de coupe, de design, on ressent aussi une influence scandinave voir japonaise sur certaines pièces, dans le côté épuré du vêtement.

Je voulais pas créer une énième marque sur le marche juste pour créer une marque. Et surtout pas une énième marque de basket qui enfermait le joueur dans justement ce dont je voulais le sortir. Et le premier point pour sortir de cette étiquette c’est de bien s’habiller. Donc la direction artistique autour de la marque est venu de ma volonté de sublimer l’athlète et toute la culture autour du basket. Ca passe par des belles matières, des coupes pas extravagante mais avec des petits détails qui ressortent. Je cherche pas à réinventer la mode mais à créer une marque intemporelle. Et cette marque c’est aussi une porte de sortie. Je connais beaucoup de joueurs qui à 35 ans, quand leur carrière se termine, se demandent ce qu’ils vont faire, c’est une petite dépression. Mais je suis content que tu vois qu’il y a cette recherche d’esthétisme (rires).

En dehors du basket, c’est quoi tes inspirations ?

Pour être honnête avec toi j’ai pas de créateur préféré, ou d’inspiration liée à une marque en particulier. Mais j’ai tellement baigné dans ce milieu que tu comprends les attitudes, donc je vais pas forcément chercher l’inspiration dans d’autres marques, même si je regarde par curiosité. Mais je vais plus m’inspirer des messages des marques, comme Apple à l’époque de Steve Jobs par exemple. J’aime beaucoup la communication de Nike aussi, tu manges leur état d’esprit. À l’époque ça me donnait envie de me dépasser quand j’achetais leur produits. C’est bien de véhiculer ça.

Comment tu vois le basket en France, comparé aux États-Unis ou c’est le sport roi ? En France on a le foot, mais petit à petit le basket prends plus de place.

On est pas au même niveau c’est clair. Je pense qu’on est à moins de 10% du potentiel de ce que peux amener la culture basket en France. Il y a déjà l’explosion des sneakers qui, je pense, est assez lié à ce mouvement là. Pareil pour le hip, et ça a fait comprendre à beaucoup de monde que le basket faisait partie intégrante d’une plus large culture. Aux États-Unis c’est un véritable style de vie. Socialement parlant aussi, ou c’est un symbole de réussite d’être assis court-side par exemple.

T’as un partenaire de choix pour Benklark qui n’est autre que Rudy Gobert. Il a un rôle d’ambassadeur pour la marque c’est ça ?

On peut voir se rôle d’ambassadeurs puisqu’il a prêté son image plusieurs fois, on lui a fait des pièces sur mesure, et il a surtout aimé la vision de la marque. Mais on partage surtout une histoire commune avec la partie Cholet Basket. Ça avait été compliqué pour lui la bas, mais il a rien lâché, et il a réalisé son rêve qui était de jouer en NBA, alors que certaines personnes lui disaient que ça n’arriverait jamais. Mais au delà d’être un super basketteur c’est quelqu’un de super intelligent, très présent sur la formation des jeunes. C’est un de mes meilleurs amis, on partage énormément de choses en termes de valeurs. Ça c’est fait naturellement en fait. Mais c’est clair que ça nous a beaucoup aidé aussi à crédibiliser la marque.

C’est quoi les projets pour l’avenir ? Il y a des gens avec qui t’aimerais collaborer ?

Il y a déjà les projets de développement classique de marque avec plus de magasins qui nous revendent etc. Après sur la partie création, je dessine la ligne principale, en continuant sur cette direction artistique. Mais je veux aussi donner la possibilité à des artistes, des athlètes, de, si ils ont des idées, collaborer sur des capsules. Et ça ça peut arriver tous les mois, tous les deux mois etc. Pour l’instant on a pas l’infrastructure pour faire tous les mois, mais si déjà chaque trimestre on peut proposer une capsule à côté de la ligne principale ça peut être intéressant.

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