Rencontre avec Mike, l’autre Anderson de Converse

Crédits photo : Paul Fogiel

Salut Mike, alors Paris ?

J’ai toujours aimé Paris, c’est unique ! C’est une « fast city » et pourtant j’ai l’impression que les gens prennent le temps pour eux, pour se relaxer, se faire plaisir. C’est la deuxième fois que je viens en quelques mois, la dernière fois c’était en juin je crois, et on a fait que skater dans toute la ville, j’ai kiffé ! C’est beau !

L’Europe avait plus ou moins que Barcelone pour le skate avant, mais maintenant Paris est devenu un très gros spot pour les skateurs du monde entier. T’as senti cette évolution ?

Il y a 10 ans tu passais par Paris lors d’un Euro Tour. Maintenant toutes les teams viennent qu’à Paris. Cette année j’ai l’impression que vraiment toutes les teams sont venues ici, mais seulement ici. Avant c’était l’Espagne, la France, l’Allemagne etc. Mais c’est aussi parce que la scène locale représente la ville super bien. Pas mal de gens viennent ici et se disent « ah ouais c’est dur à skater ici » mais au final les locaux rendent la ville super bien, les spots sont super cool aussi, et finalement tout le monde en veut un bout !

On remarque même une évolution vis à vis de la municipalité, qui a par exemple transformé cette place (ndlr : République) en « skate park ».

Ouais en 2015 quand j’étais venu je me souviens qu’il y avait que des bancs en bois et maintenant on voit ça (ndlr : pour ceux qui n’y sont pas allés, il y a pas mal de petits tremplins sur la place).

T’es dans la scène skate depuis longtemps maintenant, j’imagine que ça a pas mal changé depuis tes débuts avec le skate ?

Ça a bien sur pas mal changé, et en même temps c’est toujours la même chose dans bien des aspects. Rien que la (ndlr : on est sur la Place de la République devant plein de skateurs de tout âge), voir tous ces gosses skater et s’entraider, ça n’a pas changé et ça ne changera jamais tu sais ! Regarde c’est la même chose, juste des fringues et des tricks différents mais c’est la même chose. Il y a quelques années j’étais plus négatif sur la manière dont le skate évoluait, mais j’ai changé par rapport à ça. Il y aura forcément des merdes en chemin, mais comme pour tout. Le skate n’a pas toujours été cette chose merveilleuse, y’a aussi un côté vraiment merdique dans le skate.

J’ai rencontré Kenny Anderson il y a un mois (interview à retrouver ici), et Rémy Taveira il y a quelques minutes (interview à retrouver prochainement sur Cyclones Magazine) et vous me dites tous un peu la même chose par rapport au skate et même à votre vie. Qu’au final les années passent mais que vous avez toujours l’impression de faire la même chose, positivement parlant.

 Ouais tu passes tes journées à essayer de te surpasser, je passe parfois des journées entières sur le même trick, comme quand j’étais gosse, juste ça fait plus mal maintenant (rires). Et la récompense est la même, j’ai toujours ce super sentiment quand j’accomplis ou réussi un truc.

Crédits photo : Paul Fogiel

Kenny Anderson me disait que c’était un art pour lui.

Carrément ! Rien que quand tu shootes une vidéo, tu t’exposes, c’est toi, c’est un portrait de toi. Chacun à sa patte, son style. Aucun trick ne peut être fait de la même manière par des personnes différentes, chacun le fera à sa façon. En fait j’ai l’impression que maintenant tout le monde est super fort en skate, y’a plus d’écart comme avant. Et donc ça change pas à quel point t’es fort, ce qui change c’est ce qui est spécial dans la façon dont tu le fais, c’est ça qu’est important pour moi.

« J’ai pas arrêté le skate pour les filles comme mon frère »

J’ai vu une vidéo toi filmée avec de vieilles caméras pour donner un style vintage, tout ce côté esthétique est important pour toi ?

En fait t’as une idée, et ça peut être juste une idée marrante, même un truc de 3min mais au final tu le fais parce que tu prends du plaisir à le faire. Cette vidéo c’était pas un truc réfléchi, juste une idée comme ça « tiens j’ai bien aimé ça, allez on continue c’est marrant ». Mais bon je fais surtout des vidéos en HD hein (rires). J’avais aussi une vidéo ou j’avais un pantalon énorme orange, et t’as 3min ou je skate avec ce pantalon ridicule (rires). Faut pas se prendre trop au sérieux !

Tu viens d’une famille qui était déjà dans ce milieu, ton père était surfeur, ton frère skateur aussi. C’était naturel pour toi de faire du skate ?

 Étant jeune, quand on se réveillait, mon père revenait déjà du surf, et mon grand frère et tous ses potes skataient. Et donc moi je voulais trainer avec eux (rires). Il s’est arrêté depuis, mais mon petit frère a commencé à skater et maintenant il est professionnel, enfin il va l’être, ou non il l’est déjà, je sais plus (rires).

Mais ouais je suis arrivé dedans grâce à mon frère, sauf que j’ai pas arrêté pour les filles comme lui, il avait plus envie de baiser que de skater (rires) ! Parce qu’à l’époque les filles pensaient pas que t’étais cool quand t’étais un skater (rires). Tous ces gosses maintenant sont chanceux (rires).

T’as toujours voulu devenir professionnel ?

 Quand t’es gosse, tout ce que tu fais tu veux être pro dedans. Donc ouais j’avais toujours ce rêve, mais en grandissant c’était irréel pour moi. Et petit à petit tu commences à avoir des petits trucs gratuits, faire quelques pubs, mais j’aimais pas trop ces compagnies la donc je me disais que je voulais pas être sponsorisé, je vais faire mon truc, acheter mes planches et voilà. Mais d’un coup, grâce à des amis, je me suis fait sponsorisé par de bonnes marques, avec des gens bien, des marques familiales, mais je ne m’y attendais pas du tout, j’ai été très chanceux. Mais c’est ça pour la grande majorité des skateurs.

Et puis le skate est un sport assez spécial, tu t’entraines seul, tu peux t’entraider avec tes potes mais tu vas pas avoir un coach comme dans le basket ou le football par exemple, ou même d’autres sport de glisse.

 Ouais le skate c’est la rue, et si t’as un coach, personne veut trainer avec toi « fuck that guy ».

Crédits photo : Paul Fogiel

Et Converse dans tout ça ? Comment s’est faite la connexion ?

 À l’époque j’étais dans la team ÈS, ils ont fait faillite, et j’avais des offres de plusieurs autres marques, mais j’aimais Converse, j’adore les Chuck Taylor, mon grand père portait que ça. Il est mort maintenant mais il serait choqué si il savait que j’étais chez Converse maintenant (rires). Là ou j’ai grandi, tout le monde portait des Dickies et des Converses, j’en aurai mis de toute manière, alors si en plus je suis payé pour les porter c’est parfait (rires). J’aime Converses, les Chuck, les One Star, c’est les paires que j’achèterai en fait.

Avec peut être les Air Max et les Air Force One de Nike, la Chuck de Converse doit être une des baskets les plus connues au monde, en tant que fan ça doit être vraiment cool d’avoir ta propre paire, aujourd’hui de One Star ?

 « The shit that i’ll be buying », je suis très chanceux, vraiment. Mon grand père portait beaucoup de One Star comme je te disais, et maintenant j’ai ma propre paire, avec une semelle décorée par ma fille.

« Trump […] qu’il aille se faire foutre, c’est un clown »

De l’extérieur Converse a l’air d’être vraiment une team cool, ils te laisse faire tes trucs, Kenny Anderson a fait des paires vegans, et la tienne l’est aussi je crois ?

 Ouais ma paire l’est aussi. Je suis aussi vegan, après je suis différent de Kenny, il est beaucoup plus « public » avec. Il participe à des conférences, en parle beaucoup. Je suis plus confidentiel avec ça, mais je mange ou n’utilise rien qui provient de l’animal ouais.

Mais ouais je voulais faire une paire qui n’est ni en suede, ni en cuir, mais qui peut durer quand même. Pour mes frères les animaux (rires).

On parle de plus en plus de toutes ces problématiques éthiques et environnementales, et quand tu vois les Etats-Unis par exemple sortir des Accords de Paris, ça te fait quoi ?

Je déteste Trump, vraiment. Mais le bon côté c’est que en se retirant de ces accords, une grosse partie des entreprises qui auraient juste fait le strict minimum, vont maintenant en faire beaucoup plus que ce qui était prévu. Beaucoup de gens sont maintenant beaucoup plus à l’écoute de ces problèmes, justement parce qu’il a fait sortir le pays des accords. Mais qu’il aille se faire foutre, c’est un clown !

Crédits photo : Paul Fogiel

La paire Converse One Star Mike Anderson (80€) est disponible chez DayOff Paris – 20, rue Notre Dame de Nazareth, 75003 Paris

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