Interview : A2H (Audio)

A2H vient de sortir son album Libre, il le considère comme son véritable premier album. Il est facile de voir le travail effectué dessus, il est plus mature que toutes les choses que le rappeur a pu sortir avant. Il dévoile son côté sentimental sans misogynie. Il y invite beaucoup d’artistes différents. Cyclones Mag a eu la chance de le rencontrer de nouveau, et de pouvoir lui poser des questions.

Pourquoi considère-tu Libre comme ton véritable premier album ? Alors que tu avais sorti d’autres projets auparavant (Bipolaire, Studio Liquor, Art de Vivre).

Je ne les ai pas bossés pareil, j’étais encore en train de tester. Je voulais encore essayer des choses, sur ces albums là il y a des beats que je n’aime pas mais je voulais tenter. Là j’ai décidé de faire un vrai travail de sélection où je savais où j’allais, il n’y a pas de tentavie. C’est la démarche qui change.

Comment tu peux définir Libre pour nos lecteurs ?

Libre c’est le nouvel album, il regroupe 18 titres. On a essayé de le taffer un max pour bien le produire. J’ai pris du temps pour l’écrire car j’avais envie d’être assez autobiographique sur le projet. Je suis fier de cet album. Libre ça raconte la vie d’un mec qui a envie de liberté (en l’occurrence moi-même). Un mec qui a envie de se libérer de ses chaînes, que ce soit l’amour, la drogue, … L’album parle de ça, j’ai 18 thèmes où je peux aborder la famille, l’amour, les amis ou encore des morceaux qui abordent la trahison, donc plein de trucs différents.

Tu tournes beaucoup (tu as un certain de nombre de concert à ton actif). Cette proximité avec le public c’est essentiel pour toi ?

Elle est indispensable parce que j’ai l’impression, enfin je pense être un rappeur du peuple parce que j’ai des problématiques qui peuvent concerner plein de gens. C’est le meilleur moyen qu’ils comprennent ma musique. C’est important de tourner à travers la France et d’échanger avec son public.

On sent que tu t’éclates vraiment sur scène, avec beaucoup d’aisance. Cet autre aspect de la vie d’artiste ne serait pas celui que tu préfères ?

On a envie de profiter, de s’amuser que d’enchaîner des bons moments. Mais j’ai aussi envie de profiter de moments plus calmes avec ma famille. C’est un concept important à mes yeux. J’aime les moments intimistes avec les miens.

On a pu voir lors de ton passage à La Belleviloise que tu jouais aussi de la guitare. Tu touches un peu à tout à ce que je vois ?

J’ai commencé par le Rap. Mais vu que je viens d’une famille de musicien, j’ai vite touché à la basse, à la guitare. Mon oncle est bassiste de Jazz donc je me suis intéressé à ça. J’avais même arrêté le Rap dans les années 2000 pour faire du Reggae. J’ai mis ça de côté, et un jour je me suis dit que je devrais réintégrer ça à ma musique. C’est important de se servir de nos atouts. Je m’en charge pour faire mes prods.

Question classique (chez nous) avec qui aimerais-tu collaborer ?

Il y a du fantasme aussi, j’aimerais bien faire un morceau avec Kanye. Au niveau réalisme j’ai travaillé avec la plupart des personnes que j’appréciais. Je kiffais S-Pri, il est dans l’album. Après chez les américains, les Drake ou la scène de Toronto.

Tu t’exposes beaucoup, tu parles de sujet personnel. Il n’est pas un peu dur de se dévoiler ainsi ?

Ce n’est pas si facile. Mais aujourd’hui j’ai plus de facilité à le faire parce que les problèmes sont derrière moi. Quand les problèmes tu es encore dedans c’est dur d’en parler. On en parle au passé, même si on a encore des soucis. Par pudeur j’en aurais pas parlé si c’était encore le cas. Faut trouver le bon moment pour le faire, pour passer à autre chose, on a grandi.

« Mama » est une autre chanson que j’ai appréciée. Le thème de la mère revient souvent dans le Rap, on doit beaucoup à nos géniteurs. Quel rapport tu gardes avec la tienne ?

La mère c’est sacrée. J’ai un rapport assez cool avec ma mère. Elle est dans le milieu du spectacle aussi (elle fait des contes malgaches). Elle est à fond dans la musique. Elle a écouté le titre, elle était émue. Je lui ai demandé la permission, elle a dit que je pouvais y aller mais elle avait un peu peur. C’est un hommage au sacrifice que font toutes les mères pour leurs enfants.

Merci A2H pour ton honnêteté et ton temps pour nous répondre. Retrouvez l’intégralité de l’interview avec toutes nos questions et toutes les réponses complètes d’A2H sur notre compte Soundcloud ci-dessous :

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