Atlanta : Centre névralgique du Rap US (Focus)

Atlanta a su année après année se positionner sur la carte des villes américaines où le Rap est religion. Atlanta a surtout réussi à rester, à perdurer et devenir LA nouvelle capitale du Hip Hop US. Beaucoup de villes ne peuvent pas en dire autant tant elles ont connu des notoriétés éphémères : Memphis, Nouvelle Orléans, Houston.

On va essayer de décrypter les raisons de ce succès. Si vous aimez la Trap ne vous inquiétez pas, on ne la verra pas disparaître de ci-tôt. Focus sur ATL.

Le strip club dicte la tendance

Atlanta a un business model bien particulier dans l’industrie musicale. Tout commence dans l’underground. Comme le soulignait le (très bon) documentaire de Noisey, tout se passe dans les clubs. Les sons passent d’abord dans les strip clubs puis dans les clubs normaux et enfin en radio.

La culture du strip club est telle dans cette ville, que ce sont les strip-teaseuses qui font la pluie et le beau temps concernant le Hip Hop made in Atlanta. Elles déterminent quel titre sera un hit, mais aussi le rythme de sortie de ces succès car les hits doivent se renouveler à une vitesse folle pour que les soirées continuent de « groover ».

La maison de disque présente dès le commencement

La scène d’Atlanta a explosé tout récemment, elle est devenue « mainstream » depuis peu. Mais n’oublions pas que la première vague d’artistes comptait dans ses rangs des pointures comme Outkast, puis Goddie Mob, Gucci Mane et Young Jeezy.

Les maisons de disque sont apparues dès le début du Hip Hop et ont su donner la chance aux artistes de la ville. La suite logique aura été la création de maisons de disque par les artistes locaux eux-mêmes, celles-ci poussant les jeunes de leurs entourages qui gravitaient autour d’eux en leur donnant les armes pour réussir.

La difficulté d’un renouveau durable chez les concurrents

Une autre raison de ce succès est que pour le moment LA ou NY n’arrivent pas vraiment à se réinventer durablement dans le temps. Certes il y a des artistes plus que dominants sur les deux côtes mais pas une scène aussi fameuse que durant l’âge d’or du Hip Hop.

L’autre point à noter est aussi que la rivalité historique East Coast / West Coast n’existe plus. Les joutes verbales (parfois physiques) qui galvanisaient les Emcees des deux côtes et élevaient leurs niveaux n’existent plus. Et c’est donc Atlanta qui sort vainqueur de ce statu quo.

Un son particulier

Le son est spécial, il est difficile à copier. Le son (et pas seulement la Trap) porte le lourd héritage d’Atlanta, de la ville elle-même et de la culture si singulière qu’elle véhicule. Ce son a été aussi instrumentalisé par un homme : Lex Luger. C’est lui qui a ramené les grosses basses qui résonnent dans notre cage thoracique depuis plusieurs années maintenant.

Ils ont réussi à faire la mode, la Trap est le courant qui marche le plus actuellement et pour le moment ça ne change pas. On ne recherche plus la froideur de NY ou le Gangsta Rap de LA. Ce nouveau « goût » plait au Nord comme au Sud car il est facile d’accès tout en gardant une vraie identité musicale qui séduit les puristes (sans tomber dans la codification exacerbée du Sud). La loi est imposée par Atlanta.

Des producteurs de génie

Les faiseurs de musique, les producteurs viennent aussi de la ville. Atlanta regroupe toutes les parties de l’industrie : labels, maisons de disque, producteurs (donc) et artistes. Cette concentration permet de travailler vite, de se renouveler, de se confronter aux personnes et surtout de travailler ensemble.

Les producteurs (comme Mike Will Made It, Zaytoven, Metro Boomin) sont à la base du beat, et arrivent à capter les éléments qui marchent chez leurs compatriotes des autres mouvances. Le meilleur exemple est l’utilisation généralisée de la flûte sur « Mask Off » de Future (la flûte qui est repris partout maintenant).

Le nombre invraisemblable d’artistes

Une flopée incessante d’artistes qui changent, disparaissent, reviennent, émergent. C’est aussi là qu’Atlanta domine. La ville produit des artistes tous les jours, qu’ils soient bons ou mauvais. Dans les bangers que vous avez écouté cette année ou l’année dernière il y avait sûrement un Young Thug, Migos, Future, Scotty ATL, ou encore Lil Yatchy.

Les artistes se soutiennent. Ils n’ont pas inventé les featurings mais les ont sublimés. Ils s’invitent entre eux tout le temps et permettent par exemple de rendre grâce à l’empereur Gucci Mane quand il était encore en prison. Cette compétition est saine et oblige à toujours être actif que ce soit pour passer en club, mais aussi pour montrer aux autres qu’on est bien là !

Tous ces éléments sont des clés pour comprendre le succès du son d’Atlanta, et surtout de mieux appréhender la nouvelle capitale Hip Hop américaine implantée dans l’état de Géorgie.

A PROPOS
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