98-studio, ou la mémoire du sport en photos

On a rencontré Jonathan Szwarc, jeune entrepreneur parisien, qui a monté 98-studio.com pour les amoureux du sport. Ou comment une frustration personnelle devient le point de départ d’une jeune entreprise qui monte.

On va direct rentrer dans le sujet, pour ceux qui ne connaissent pas, 98-studio.com c’est quoi ?

98-studio c’est la réunion de trois choses qui me tiennent à cœur : l’art, le sport, et l’entrepreneuriat. J’ai lancé 98-studio.com pendant mes études et l’idée était de répondre à un problème que j’ai eu étant plus jeune : c’est impossible de se procurer des photos iconiques des plus grands sportifs… La chance que j’ai, c’est que mon oncle, Henri Szwarc, est photographe sportif depuis 40 ans et possède des « trésors de guerre » qui sont inexploités. Je me suis dit que c‘était la meilleure manière de répondre à ce problème là. En résumé, on donne accès à une immense base de données de photographies artistiques de sport. Chacun peut choisir la taille de la photo et même de l’encadrer ou non. On expédie ensuite le cliché à domicile en quelques jours.

Quel a été le détonateur pour toi ? C’est venu de demandes ou juste de ta propre frustration de ne pas trouver des photos qui te convenait ?

De base, c’est vraiment ma frustration personnelle. Je suis un passionné de sport et le fait d’avoir travaillé chez Nike a encore renforcé ma frustration vu tous les clichés exceptionnels de sportifs que l’on peut trouver au siège. Je me suis dit que j’allais rendre tout cela accessible au plus grand nombre.

Tu viens de nous parler de Nike, c’est quoi ton parcours ?

J’ai fait des études de marketing à Dauphine et j’ai eu la chance de faire un stage chez Nike France au sein du département Brand Football. Cette expérience m’a vraiment beaucoup marqué, il y a des gens brillants là-bas. J’ai toujours eu envie de créer ma boîte alors j’ai commencé pendant ma dernière année d’études.

Tu ne t’es jamais dit, je vais rester chez Nike plus longtemps, tu as préféré te lancer direct ?

Depuis tout jeune j’ai envie de monter mes propres projets. 98-studio, c’était un peu l’alignement des planètes (rires). J’aime la photo, j’aime le sport et un mélange des deux manquait sur le marché. Mon oncle disposait de toute la matière alors je me suis dit « Let’s go ».  Sur le site, il y a 30% des photos qui viennent de la base de données de Presse Sports, l’agence photographique de L’Équipe avec qui j’ai un partenariat. Je crois que dans un projet, il faut toujours un peu de chance et c’est ce qui s’est passé avec cette collaboration. Je leur ai présenté le projet et ils m’ont suivi directement. Ça s’est fait hyper simplement alors qu’au début tu te dis « L’Equipe ne va jamais me calculer… ».

Et le reste ca vient donc des archives personnelles de ton oncle ?

Oui, ça fait 40 ans qu’il photographie toutes les Coupes du Monde, Grands Chelem, Jeux Olympiques et même la NBA. Il a une vie dans le sport qui est exceptionnelle. Il a shooté Pelé, Maradona, Agassi ou plus récemment Usain Bolt ! C’est aussi ça que les gens aiment, ça n’est pas juste un cliché, il y a une toute une histoire derrière.

98-studio, ça n’est donc pas juste vendre des photos, c’est donner accès aux gens à un moment d’Histoire sportive. J’essaye de relayer cette Histoire au travers des photos. C’est surement Nike qui m’a marqué de ce côté là, avec ce story-telling qui caractérise la marque.

Ta clientèle justement, tu las segmenté comment ?

C’est marrant parce que je m’attendais à n’avoir que des personnes entre 20 et 30 ans, passionnées de sport et qui veulent se faire plaisir. Au final il y a autant d’hommes que de femmes et de tous les âges qui achètent les photos car c’est une idée de cadeau originale. On travaille également avec des médias, notamment plusieurs magazines de foot anglais et des marques de sport comme Nike ou Kappa qui n’ont pas forcément accès à toutes ces archives.

Quelle est la relation que tu entretiens avec ton oncle sur ce projet ?

On travaille étroitement ensemble sur la sélection et la retouche des photos. Il y a plusieurs centaines de milliers de photos et souvent choisir LA bonne photo d’une même série n’est pas toujours évident. Je me sers de son œil d’expert.

À travers toutes ces photos et ces moments dHistoire, tu vis forcement l’évolution du Sport. Comment toi et ton oncle, vous percevez cela ?

Il y a trois évolutions pour moi. Déjà du point de vue du matériel. Plus le temps passe et plus la qualité des photos s’améliore. Au début du numérique dans les années 2000, la qualité n’était vraiment pas top et du coup ça demande un important travail de retouches aujourd’hui.

La deuxième évolution est stylistique. Il n’y a qu’à comparer les shorts courts de Platini dans les années 80 aux maillot techniques et moulant d’aujourd’hui. Tous ces styles sont passionnants et font la richesse de nos photos.

Enfin, il y a une évolution des athlètes eux-mêmes. Compare le physique d’un John McEnroe dans les années 80, à celui d’un Nadal d’aujourd’hui. Ça n’a plus rien à voir et pourtant chacun aura marqué l’Histoire de son sport à sa façon.

Et pourquoi ce nom, 98-studio ?

Bien sur pour Zizou et la Coupe du Monde 1998 mais aussi pour mon autre idole, Michael Jordan ! 1998, c’est sa dernière année aux Chicago Bulls et son dernier titre NBA.

Tu me disais que tu travaillais avec des marques ou des médias, ça a été quoi le plus gros projet pour l’instant ?

Pour les derniers Jeux Olympiques, on a entièrement décoré le showroom de Nike avec des photos des JO de Los Angeles de 1984. Notamment des photos incroyables de Carl Lewis. Ça a été le projet le plus marquant pour moi, de par mon histoire chez Nike dont on a parlé plus tôt.

C’est quoi tes projets pour 2018 ?

Nous avons plein de projets hyper excitants qui arrivent notamment avec la prochaine Coupe du Monde en Russie cet été. Je ne peux pas tout dévoiler mais je peux déjà te dire qu’il y aura un livre et un évènement à Paris.

Comment vois-tu 98-studio évoluer ?

J’ai envie de faire évoluer 98-studio en proposant la plus grande base de photographies artistiques de sport accessible au grand public. Continuer à travailler avec des marques et éditer des livres inspirants me tient aussi particulièrement à cœur.

En parallèle, on a lancé dernièrement 97-studio.com. Même initiative mais cette fois-ci, les photos ne sont pas liées à l’univers du sport. Elles proviennent de photographes ayant exclusivement émergés sur Instagram. Ce qui me fascine avec Insta, c’est que peu importe ton âge, ton expérience, que tu sois photographe professionnel ou non, si tu as du talent, alors tu as une communauté qui te suit.

Nous avons donc noué des partenariats avec des Instagrammers incroyables comme @Karlhab ou @ahtlaqdmm, qui nous donnent les droits sur leurs plus beaux clichés que l’on tire, encadre et expédie chez nos clients.

Toutes les photos que l’on propose ont été prises au reflex pour garantir une qualité de finition optimale. L’idée avec 97-studio, c’est de donner l’opportunité aux gens de décorer leurs lieux de vie de manière qualitative et accessible.

Le mot de la fin ?

Je suis un amoureux de Paris, donc c’était important pour moi de produire toutes les photos dans la capitale. On travaille aujourd’hui avec Picto, l’un des premiers laboratoires modernes parisien, qui tire, encadre et expédie l’ensemble de nos clichés.

Interview réalisé avec Jean-François Amoussouvi.
Crédit photo : Paul Fogiel
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