Question Express : Rencontre avec Nodey, artiste beatmaker et juré du RON Final 2017

Nodey déambule dans les arcanes du rap français depuis plus de dix ans. Tour à tour DJ, producteur et beatmaker, nous avons eu la chance de rencontrer cet artiste tout terrain qui sera membre du juré « RON Final », l’événement Hip Hop de la rentrée qui aura lieu au Bataclan le 9 septembre prochain.

© Aku John

Nous avons découvert Nodey, de son vrai nom Dôn Nguyen, il y a près d’un an, lors de la soirée « Rap, Beats & Rhymes » organisée dans le cadre du Red Bull Music Academy Festival Paris 2016. Calé entre les passages d’Espiiem et Dino Punchlinovic, le Dj set de Nodey nous avait follement plu. Mélange jouissif de hit kainry et de rap made in France, son passage avait retourné La Cigale. Pas forcément une surprise lorsque l’on sait que l’homme est à la baguette de nombreux morceaux passés en bande FM. Pêle-mêle on peut citer « Public Enemy » de Youssoupha, « Haut La Main » de Flynt ou encore « La Nuit Les Étoiles » de Hyacinthe en feat avec Jok’Air. Alors, lorsque l’opportunité de pouvoir échanger avec cet alchimiste du son s’est présentée, nous avons sauté sur l’occasion. Voici un condensé de notre rencontre :

Cyclones Mag : Tu vas être jury pour la 4e édition du RON Final, ça représente quoi pour toi ?

Nodey : Ça fait maintenant plus de 10 ans que je suis actif dans la culture hip hop. Je me suis moi même fait pas mal connaitre en battle lors des « Beatmaker Contest ». Donc, je suis assez flatté que l’orga du RON fasse appel à moi car me trouve légitime, j’ai cette sensation d’avoir passé un cap.

CM : Sur quels critères vas-tu t’appuyer pour départager les candidats ?

N : Technique et originalité. La technique car ça reste je pense un critère objectif des plus importants, il faut que le beat soit bien produit, bien mixé, bien agencé etc etc. Mais j’aime aussi le fait que le beatmaker soit créatif, amène de sa folie et ne se contente pas de reproduire ce qui a déjà été fait dans le passé.

CM : Si tu devais affronter deux autres beatmakers dans un battle, qui choisirais-tu comme adversaires (Français, US ou de n’importe où) ?

N : Je ne me vois plus trop faire de battle. Mais si je devais le refaire, j’aimerai affronter un américain oui. Je trouve qu’aujourd’hui, il n’existe plus trop d’écart de niveau entre les USA et le reste du monde. Je ne vois même plus vraiment d’écart entre pro et amateurs. Je vois des gamins de 12 ans faire des prods de malades avec le PC du salon.

CM : Tu as commencé la production il y a plus de 10 ans avec des mecs comme Flynt, Lacklo et Despo. Tu as bossé sur « NGRT » de Youssoupha et récemment tu as produit pour Hyacinthe. Est-ce que tu abordes ton boulot de la même façon pour ces différents artistes ?

N : Moi je fais le même boulot qui est de créer une musique pour les artistes mais forcément je m’adapte à leurs univers. Youssoupha et Hyacinthe ne font pas la même musique, je m’adapte à eux. Même si au fond, je garde une même signature musicale je pense.

CM : D’ailleurs, comment cela se passe pour placer tes prods? Est-ce toi qui démarches les rappeurs la plupart du temps ?

N : Non, généralement on fait appel à moi. Moi, je ne démarche pas trop de rappeurs, je préfere lire des livres ou me promener dans la ville.

CM : Comment juges tu la qualité d’un beat et à quel moment considères-tu que tu as fini ?

N : Au feeling.

CM : Prod, beatmaker, ingé son… Parmi toutes ces casquettes, avec laquelle te sens-tu le plus à l’aise ?

N : Artiste.

CM : Lors de notre dernière rencontre, tu m’as confié que tu mixais encore pas mal en soirée. Est ce que tu y prends toujours du plaisir ?

N : Oui plutôt.

CM : Qui est-ce que tu écoutes en ce moment, tout genre confondu ?

En ce moment, j’écoute pas mal Niska et Shake070.

CM : Tu as collaboré avec l’artiste chinois Tianzhuo Chen. Toi qui sembles être d’un tempérament calme et ordonné,  je suis curieux de savoir comment s’est faite la cohabitation avec un artiste aussi dément que Tianzhuo Chen ?

N : Faut peut être croire que je ne suis pas si calmé et ordonné et Tianzhuo pas si dément. J’ai découvert son travail sur internet, je lui ai envoyé un mail pour le féliciter car je trouvais ça génial,  je lui avais envoyé le lien Bandcamp de mon 1er EP («Atrahasis » NDRL ) , il a kiffé et il a voulu me rencontrer et on a collaboré. Ça s’est passé assez simplement en fait.

CM : Comment envisages-tu la suite de ta carrière ?

N : C’est un peu flou je t’avoue, je me contente juste de suivre mon mektoub. La je vais partir m’installer en résidence à Shanghai. On me propose après une résidence au Vietnam. Je vais voir au feeling et en fonction de ce que me conseille ma manageuse Anaïs.

CM : Le mot de la fin ?

N : « L’argent c’est rien, le respect c’est tout » Alpha 5.20

 

Merci à Nodey d’avoir répondu à nos questions et au disquaire-bar Walrus de nous avoir accueilli. Vous pouvez le retrouver sur Soundcloud et Facebook. Il sera présent le 9 septembre prochain au Bataclan pour le RON Final.

 

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