Movie Review #2 « Interstellar »

Ces dernières semaines ont été marquées par la sortie de nombreux bons films. Parmi ceux-ci, nous avons choisi de revenir sur la sortie d’Interstellar, réalisé par Christopher Nolan. Attendu avec impatience par toute la geekosphère et après plusieurs bandes annonces qui ne dévoilaient rien du scénario, une prouesse aujourd’hui surtout lorsqu’on connait la propension des boites de productions à mettre les meilleures scènes du film dans celles-ci pour appâter le cinéphile, le film a investi les salles obscures depuis mercredi dernier, l’occasion pour la rédaction de Cyclones de revenir sur cette sortie.

Après avoir donné un nouveau souffle au Chevalier Noir, et accessoirement redéfini tous les films de super héros pour les dix ans à venir, celui qui est considéré comme l’un des cinéastes les plus talentueux de sa génération s’est attaqué à l’un des thèmes préférés par les réalisateurs américains ces dernières années mais aussi l’un des plus difficiles : la conquête de l’Espace. D’ailleurs la question que tous les fans de ce réalisateur ont pu se poser est comment le réalisateur américano-britannique allait relever ce défi après avoir brillamment traité les thèmes de la mémoire dans Memento, de la magie dans Le Prestige, des rêves dans Inception.

Un des éléments de réponse réside dans le fonctionnement très familial du réalisateur. En effet, le réalisateur s’entoure quasiment à chaque projet de la même équipe de collaborateurs. Parmi eux, son frère Jonathan, qui a participé à l’écriture des scénarios de la quasi-totalité de ses films pour le succès que l’on connait. De plus, il s’appuie sur une base d’acteurs avec lesquels il travaille régulièrement. Le plus célèbre d’entre eux reste surement le vétéran Michael Caine qui a joué dans Le prestige, Inception mais aussi la trilogie Batman et que l’on retrouve ainsi dans Interstellar. De même qu’Anne Hathaway, qui signe son deuxième rôle avec Nolan. Ce qui permet à ces acteurs de complètement adhérer au projet. Et cela se ressent à l’écran.

On notera également la performance de l’oscarisé Matthew McConaughey, qui incarne le personnage principal du film. Le texan, qui a écumé les rôles de jeune premier dans des comédies romantiques au début de sa carrière, continue d’impressionner en campant des personnages torturés, en proie à de grandes luttes intérieures. Dans Interstellar, il incarne Cooper, un ancien pilote et ingénieur de l’armée américaine hanté par un échec et part la mort de sa femme. Devenu agriculteur pour subvenir aux besoins de sa famille, il se retrouvera confronter à un choix des plus difficiles : intégrer un groupe d’explorateurs dont le but est de découvrir une nouvelle planète habitable pour l’homme sans avoir l’assurance de revoir sa famille. Enfin, on mentionnera aussi la prestation de Jessica Chastain, tout aussi convaincante dans son rôle d’enfant ayant grandi trop vite et luttant contre l’inexorable fin du monde.

Surtout, l’une des prouesses de Christopher Nolan et son équipe est d’avoir fait d’Interstellar une somme de références agencées de façon harmonieuse. Outre l’exploration de l’espace, qui renvoie à l’un des mythes les plus importants de l’histoire américaine, on assiste pendant plus de deux heures, à une succession de références à des œuvres ou des événements ayant visiblement inspiré le travail de la fratrie Nolan : la conquête de l’Ouest par les « Pionniers » américains, le récit de la résurrection de Lazare citée dans le Nouveau Testament et surtout aux Raisins de la Colère, roman de Steinbeck dont l’intrigue se déroule pendant la Grande Dépression des années Trente et narrant les bouleversements ayant entraîné l’exode des fermiers du Midwest américain vers une terre plus accueillante. On y trouve aussi des clins d’oeil à 2001 Odyssée de l’Espace, le chef d’œuvre de Stanley Kubrick. Enfin, à travers ce récit qui est censé se dérouler dans un futur proche, Christopher Nolan traite en filigrane de thématiques actuelles comme le réchauffement climatique ou encore les récentes pénuries de matières premières dans certaines zones du monde et il les greffe habilement à son récit.

Alors oui, tout n’est pas parfait, à l’image des placements de produits intempestifs de plus en plus présents dans ce genre de blockbuster (Carharrt, Levi’s…). Mais avec Interstellar, Nolan réussi là ou James Cameron avait échoué avec Avatar : nous transporter au-delà des limites connues par l’homme tout en gardant un côté réaliste qui donne plus de poids au film. Pour conclure, Interstellar n’est pas le film de l’année (encore que) mais il apparaît clairement comme l’une des plus belles aventures jamais portées au cinéma.

 

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