Interview : Denzel Curry

Denzel Curry

Denzel Curry est en concert demain soir, dimanche 11 décembre, à La Belleviloise (organisé par Allo Floride et Casabey), c’est dans ce cadre que nous l’avons interviewé quelques jours avant.

Salut Denzel, comment vas-tu ? Tu peux te présenter pour nos lecteurs français qui ne te connaissent pas forcément ?

Yo! Je suis le seul et unique Ultimate Denzel Curry, je viens de Carol City en Floride.

Comment as-tu commencé dans la musique ?

J’ai toujours été bercé dedans grâce à mes frères. Ils m’introduisaient à de nouveaux trucs tout le temps : de Pac à Gucci Mane et tout ce qu’il y a eut entre. Après j’ai découvert Old Strech & Bob, et là j’ai vraiment commencé à m’intéresser à l’underground.

Qu’est ce que tu aimes dans le Rap ?

J’adore le fait que je puisse m’exprimer librement.

Tu es devenu célèbre avec ta première mixtape, King Remembered Underground Tape 1991–1995. Ce n’est pas difficile pour un jeune homme comme toi toute cette popularité ? 

Mec, j’ai mis du temps à m’en rendre compte de cette popularité. A Miami, on est déconnecté des fois, je ne ressentais pas l’ampleur du truc au début.

D’où est-ce que tu puises toute cette énergie en toi ?

J’sais pas, j’ai toujours été hyperactif. Je sautais partout quand j’étais petit, j’ai juste appris à la contrôler un peu plus et à la gérer suivant les situations.

Dans ton dernier album, Imperial, tu travailles avec Joey Bada$$ et Rick Ross. Quels sont tes critères pour faire une collaboration ?

Je travaille avec des gens que je connais ou avec des personnes qu’on me présente via des amitiés. Il doit y avoir une connexion particulière pour faire une collab. Joey est un bon ami, je le connais depuis quelques années. Ross c’est un big homie, on a jamais parlé ensemble mais il y a du respect mutuel. Je lui ai envoyé un son. Il a accepté. On a collaboré !

Avec qui tu « tuerais » pour collaborer ? Un artistes français peut-être ?

Pour moi, je dirais : Andre 3000, Erykah Badu, ou Tame Impala. Kaaris ça serait pas mal aussi.

Qu’est-ce que tu préfères : écrire / enregistrer / les concerts ?

Je pense que j’ai besoin des trois. Écrire me permet de m’exprimer, c’est un sorte de cri intérieur. Enregistrer, je peux jouer avec les flows, les intru et construire quelque chose. Et les concerts, je libère toute mon énergie. C’est un cycle en fait !

Les rappeurs ont-ils un rôle de modèle à donner aux jeunes ? Tu viens d’un quartier assez difficile, qu’est ce que tu en penses ?

Oui c’est sur, on est responsable envers la jeunesse. J’essaye de donner l’exemple même si c’est pas évident tous les jours. Carol City a beaucoup de problèmes, c’est un gouffre. Je pense qu’on essaye (avec mes potes) d’être différent en incitant à la paix mais on peut pas toucher tout le monde. Les nombreuses agressions policières n’aident pas, ils préfèrent nous stigmatisés que d’aider notre communauté. Mais pareil pour certains rappeurs qui ne vivent même plus dans les quartiers !

Pour finir, je sais que la scène est importante pour toi et que tu donnes tout à ton public. Comment tu vois le public français par rapport aux américains ?

J’adore Paris, le public est bouillant. Pour une raison que j’ignore les européens sont souvent plus chauds et reconnaissants que le public américain.

Merci et bon concert !

A PROPOS
Cyclones Magazine est un webzine français spécialisé dans la culture urbaine, ou street culture, dans lequel vous trouverez les toutes dernières tendances modes, musicales et artistiques provenant des quatre coins du monde.
NEWSLETTER