Entretien avec Cyril Paglino, nouvel ambassadeur de la campagne #GameChangersByDockers

Il y a quelques temps, nous nous sommes entretenus avec Cyril Paglino, serial entrepreneur français installé à San Francisco où il peaufine avec son équipe Tribe, une application novatrice de « social/messaging ». Surtout, il est l’une des figures centrales de la nouvelle campagne #GameChangersByDockers, un titre qui semble bien correspondre à ce jeune trentenaire dynamique qui a accepté de répondre à nos questions.

Cyril, tu es ambassadeur Dockers aujourd’hui. Pourquoi avoir choisi cette marque plutôt qu’une autre ?

C’est plutôt l’inverse à la base. Ils m’ont contacté puis on s’est choisi mutuellement, mais effectivement je connaissais déjà des gens chez Dockers, dont Céline qui est là. On était déjà pote. Donc je lui faisais confiance sur l’idée et le sujet de la campagne. On a discuté et on s’est rendu compte que le profil demandé par la marque était très similaire en termes d’adjectifs à ce que je peux représenter : entrepreneur, vivant à l’étranger, avec une faculté à se réinventer, qui tente des choses, prend des risques, etc. On s’est trouvé plein de points communs avec la marque, plein de trucs drôles puisque, par exemple, elle a été fondée à San Francisco (Dockers est une marque du groupe Levi’s, ndlr) et j’y vis actuellement. La marque à 30 ans. J’ai aussi 30 ans. C’était assez drôle de voir que nous avions pleins de petits atomes communs comme ça.

Quelles sont tes sources d’inspirations niveau style ?

Je mate les défilés quand ça me tombe dessus ou que j’en vois sur mon « feed » Twitter, Facebook ou Instagram mais je ne suis pas un grand consommateur de mode. Je n’ai pas forcément d’idoles vestimentaires. Il y a plein de gens à qui je reconnais des styles sublimes mais qui ne m’iront pas forcément. Je m’inspire de plein de trucs. J’essaie de réfléchir à un mec précisément [il réfléchit]. Julian Casablancas des Strokes, tu vois. Le rock, j’adore. Pareil, je ne prends pas tout du rock car à la base je viens du hip-hop. J’essaie de faire un truc qui me va, dans lequel je suis confortable surtout.

Quel est ton vêtement favori ?

Chez Dockers ?

Que ce soit chez Dockers ou ailleurs. Un vêtement en général.

C’est compliqué d’en choisir un. Je dirais que je fais toujours attention aux chaussures et à la veste. Après, le reste peut être composé de pièces basiques mais pour moi la veste, ou tout du moins le haut, et les chaussures sont importants. C’est ce qui marque le trait, la silhouette. Mais je n’ai pas forcément de pièce favorite. Chez Dockers, j’aime un certain nombre de produits. J’adore ce khaki là [en nous montrant le pantalon qu’il porte]. C’est un produit que j’avais déjà, avant même de travailler pour la marque. Il est très pratique puisque l’on peut le porter la journée, presque courir avec, sauter et faire plein de choses en même temps. Même danser le soir en boite avec alors que tu avais un rendez vous dans la journée. Ça marche aussi bien. C’est un pantalon que j’aime bien.

Est-ce que tu te verrais « designer » une collection avec la marque ?

C’est une bonne question. Ça n’a jamais été évoqué. Je ne suis pas sûr d’être un bon créatif. J’ai de bonnes images en tête et de bonnes références mais je ne suis pas sûr d’avoir les compétences pour ce genre de choses. Et en toute modestie, il y a des gens dont c’est le métier, qui ont fait beaucoup d’études dans ce domaine et qui se donnent à fond. Moi, je me sentirais moins légitime pour designer quelque chose.

C’est pourtant une pratique assez courante actuellement entre les marques et tu es d’un naturel aventureux, j’aurais pensé que cette possibilité t’attire dans un futur proche.

Je ne sais pas du tout, on collabore avec la marque depuis quelques mois seulement. La campagne sort dans 15 jours. Donc ce n’est que le début d’une collaboration. C’est juste que là, comme ça, à l’instant T, je me demande si j’ai la légitimité pour le faire. Si je suis guidé de A à Z, on verra. Mais moi, au niveau créativité, je ne sais pas si je suis apte à designer quelque chose de beau. Je ne le saurai pas d’ailleurs. Je n’ai pas de connaissance des matières, des proportions, des volumes. J’ai pas de « knowledges » dessus. Je serais un petit peu gêné. Sauf si je suis bien aidé, là on pourra en reparler. D’ailleurs c’est ce que dit Kanye (West). Il a passé des dizaines de milliers d’heures à apprendre l’art du tissus, de la « Fabric ». Il est parti en Italie pendant un an, a été à San Francisco et c’est après tout ça qu’il a pu le faire.

Tu as été 3x champion de France, vice-champion du monde de break avec le crew Legiteam Obstruxion. Héros de ses dames et équipe à abattre pour beaucoup, vous étiez une référence dans le monde du bboying. Tu te produisais d’ailleurs sous le nom de Lil Klash. Comment cette expérience t’a t-elle marqué ?

Elle m’a façonné. J’ai commencé à 12 ans. J’ai fait que ça à partir de 15 ans. Et après, le groupe dont tu parles, ce sont mes amis avec qui je suis toujours et que je vois toujours aujourd’hui. On est amis depuis 15 ans. Tu sais, quand tu passes autant de temps avec quelqu’un de façon quotidienne, dans l’effort, dans l’adversité comme dans le plaisir, tu crées des liens dingues. On a passé des jours et des nuits ensemble à s’entrainer comme des fous et à souffrir, donc concrètement on est liés à vie. On a un tatouage commun [il montre son poignée]. Là c’est la partition. Là c’est « L.O » tu vois, ce sont les initiales du groupe. On est 15 à avoir ce truc là. Mais après c’est significatif. À part ma mère, je n’ai jamais été très famille. Je ne connais pas trop ma famille. Je les adore, mais on ne se voit pas beaucoup et on n’a pas grand chose à se dire. Alors que Karim, Tonio, Vince, les Jumeaux… Mes amis d’enfance, ce sont des gars avec qui je parle 10 heures par jour, avec qui je passe beaucoup de temps par tel, texto… Avec qui je partage du temps tous les ans dès que je peux m’éloigner du travail.

La suite de ton parcours est atypique : après ton passage à Secret Story, en 2008, où tu termines en finale, tu te lances dans l’entrepreneuriat. Quels sont les éléments qui t’ont poussé vers cette direction ?

J’ai pas fait les « soaps », les émissions « d’après »… J’ai tout de suite arrêté. A l’époque j’avais un compte Myspace, et dans ma bio, j’avais mis : « I just got a new summer job » (« je viens juste de me trouver un nouveau job d’été »). Pour moi, c’était un job d’été où je me faisais entre zéro et beaucoup d’argent. Et j’ai tenté le truc. Je vivais hors de France depuis 4 ans. Tous mes amis étaient avec moi à l’étranger. Je n’avais pas trop à perdre en faisant ça. Et puis j’avais 19 ans donc tu ne penses pas à cela à cet âge. Donc voilà, je l’ai fait vraiment en mode je vais prendre de l’oseille, c’était un taf. A la fin du truc, j’ai pris de l’oseille et j’ai fait d’autres jobs. J’ai monté d’autres choses après.

Donc quand tu fais Secret Story, tu as déjà des plans pour réinvestir l’argent que tu allais potentiellement gagner ?

Oui. Je voulais déjà monter une boite. J’étais déjà très « entrepreneur » depuis le début. Même au sein du groupe, on avait des sponsors et un manager mais j’étais un peu en dessous de lui. Je gérais plein de trucs, je voulais que ça avance, que l’on signe des contrats, que l’on gagne de l’oseille. Je voulais faire du « biz ». Depuis toujours. Même petit dans mon quartier, j’étais toujours là à vendre des trucs. Donc voilà, j’ai toujours été dans l’entrepreneuriat, le commerce. Quand tu nais sans oseille, t’as envie d’en gagner. Donc j’ai travaillé très vite, pour en gagner.

Du coup, pourquoi les technologies de la communication ?

C’est le sujet que je connais le mieux. Depuis que j’ai 15 ans, je voyage dans le monde entier. Donc j’étais sur IRC, IEM, Friendster, toutes les apps social et de messageries d’avant Facebook que plein de gens de ma génération n’ont pas faites. Moi j’avais 15 ans et plein de gens n’étaient pas encore à fond sur leurs ordinateurs à l’époque. J’ai tout de suite été un grand fan des chats. L’époque de caraMail et les nuits blanches passées dessus [rires]. Pour moi, c’était un nouveau moyen de communication énorme et extraordinaire. Et j’ai toujours été fan de l’aspect « Iron Man », qui a tout a dispo. Tu as tes amis à dispo, ton service, ton truc, ton machin… La tournure que prend ma vie aujourd’hui et les services que j’utilise sont vachement liées à ça. Comme tout le monde, j’ai Uber, Airbnb mais aussi d’autres apps de services toutes plus complexes les unes que les autres mais qui me permettent de gérer toute ma vie depuis un bout de plastique. Et j’aime bien ce contrôle que j’ai sur les choses. Je trouve que tout cela est très très lié. La communication était effectivement au début le truc qui m’a le plus branché, ma porte d’entrée dans le digital. Ma deuxième boite était d’ailleurs une agence et pas du tout un boite d’outils de messagerie. C’est venu bien plus tard.

Selon toi, qu’est ce qui fait un bon entrepreneur ?

Je ne sais pas s’il y a un bon et un mauvais entrepreneur. Parfois, la différence entre un « bon » et un « mauvais »… [il marque un temps d’arrêt]. Du moins la différence entre celui qui a raté et celui qui a réussi tient à un rien. Aujourd’hui, Jeff Bezos, c’est LE génie qui a créé Amazon, la plus grosse capitalisation de l’histoire du marché boursier. Mais il y a 20 ans, on disait que c’était un fou qui vendait des livres sur Internet. Il a failli se planter 15.000 fois donc c’est toujours un peu particulier ces histoires de succès. Les qualités qu’il faut avoir pour réussir à faire quelque chose sont, je pense, la persévérance, le courage et la curiosité. Ne jamais penser que l’on sait tout. Il y a plein de personnes qui restent dans leurs zones de confort. Tu vas rencontrer quelqu’un, lire un bouquin, voir une conférence. La question c’est comment tu vas t’en inspirer pour très vite produire une chose que tu vas rentabiliser ou du moins qui va t’aider à accomplir ton objectif.

Tu vis entre Paris et la Californie, San Francisco pour être précis. Quelles sont les différences notables entre ici et là-bas : opportunités de travail, qualité et coût de la vie ?

Il y en a plein. Moi, je suis un fan de ma ville (Paris), je l’adore . Mais c’est vrai que les gens sont vraiment très très aimables en Californie, et même partout aux US. À San Francisco par exemple, tout le monde se dit bonjour le matin, les gens se tiennent la porte, se paient des cafés, parfois même lorsqu’ils ne se connaissent pas. Il y a un truc très ville/village « at scale » parce que c’est grand, c’est une très grande ville. Après, il y a plein de choses que je préfère de Paris, ça bouge plus. Il y a plus d’art, plus de teufs, plus de mode, plus de potes surtout. Ce qui m’intéresse à SF, c’est le travail. Mais niveau délire, ce sont deux villes très différentes.

Quel est l’endroit où on a le plus de chance de te croiser à San Francisco ?

Dans Castro, le quartier où je vis et où je passe beaucoup de temps. C’est le quartier gay, historique, très très beau, avec de belles bâtisses de type victoriennes. Donc Castro ou « Réveille Coffee », le petit café hipster juste en bas de chez moi. Très cool avec les meilleurs cookies de San Francisco. Je suis tout le temps là-bas.

Et à Paris ?

Ici (l’entretien se déroule à l’Hôtel Grand Amour) où je dors constamment quand je suis sur Paris et chez Kaspia, à Madeleine.

Le mot de la fin ?

Merci

 

Pour plus d’infos sur le projet #GameChangersByDockers ou pour shopper les pièces portées par Cyril, rdv sur le site de la marque.

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