BUGATTI : Dans les coulisses de l’assemblage de la Chiron

Après son rachat par le groupe Volkswagen en 1998, Bugatti n’a pas seulement frappé un grand coup dans le monde de l’automobile, mais la marque a tout simplement créé un nouveau créneau, celui des hypercars. Depuis longtemps attendue pour remplacer la vieillissante Veyron produite depuis 2005, la Chiron est donc la descendante annoncée pour succéder à tous les superlatifs que l’on clamait à son ancêtre.

Cette nouvelle pièce d’orfèvrerie annoncée il y a à peine un an, au dernier Salon Automobile de Genève, est assemblée à Molsheim en Alsace. Là, où Ettore Bugatti à assemblé ses premières automobiles, il y a plus de 100 ans. Ces performances sont une fois de plus à la hauteur de la marque Alsacienne, avec une vitesse de pointe bridée électroniquement à 420km/h. Les lignes de la nouvelle voiture ont été inspirées de la légendaire Bugatti Type 57SC Atlantic, la création la plus fameuse de Jean Bugatti, le fils d’Ettore.

A proximité du célèbre Château Saint-Jean servant à la fois de Musée mais aussi à la finalisation des ventes, se trouve l’Atelier. L’Atelier, avec un grand « A », car ici, se trouve une surface de 1000m² dédiée à l’assemblage de la nouvelle Hypercar. Cet Atelier, principal noyau de la marque à Molsheim avec son style contemporain donne plus l’impression de se retrouver dans un musée ou un laboratoire de Formule 1 que dans une usine d’assemblage.

L’atelier célébré en 2005 au lancement de la production de la Veyron, est semblable au célèbre macaron Bugatti depuis le ciel. Avec son expression architecturale ovale, Ettore aurait assurément approuvé ce concept.

Avant de commander son exemplaire le client devra passer par la « Remise Sud » où l’équipe du service clientèle de la marque aide chaque client à configurer sa Bugatti conçue sur mesure à l’aide d’un designer automobile.

Bien qu’un premier éventail de choix soit proposé aux clients, tel que 23 coloris, 8 variantes de fibres de carbone, une trentaine de cuirs, d’alcantara et une multitude de surpiqures et autres couleurs de moquettes ; la personnalisation est tout simplement illimitée. Comme sur la Veyron, il est également possible d’apposer son logo, initiales ou emblème n’importe où sur la voiture.

Aujourd’hui le délai d’attente d’une Chiron dépasse déjà les 2 ans, et une fois l’exemplaire choisi celle-ci entre en attente de production. Entre 5 à 6 mois sont nécessaires ensuite afin de livrer au client la voiture pour laquelle il aura déboursé plus de 2,4 millions d’euros HT.

L’Atelier a dû s’adapter pour accueillir le nouveau fleuron de la marque ovale afin de suivre les performances repoussées de la Chiron et ses 1500 chevaux. Celle-ci dispose de l’embrayage le plus performant du monde sur un véhicule de série pour réussir à délivrer les quelques 1600Nm de couple aux 4 roues motrices.

Le moteur lui, arrive tout droit de chez Volkswagen. Le W16 de la Veyron est mis à jour en gardant les mythiques 4 turbocompresseurs qui font partie de l’histoire de Bugatti déjà présenté sur le 12 cylindres de la mythique EB110 dévoilé à Paris en 1991. Ceux-ci sont remis aux goûts du jour et étagés afin de rendre un couple plus linéaire à la voiture.

Après une semaine d’assemblage, la partie arrière composant le groupe motopropulseur pesant à lieu seul le poids d’une citadine (650kg) est assemblée avec la monocoque en carbone spécialement conçue pour gagner en masse mais également afin de gagner en rigidité. Selon Bugatti, si l’on mettait bout à bout l’ensemble des fibres de carbone utilisées, on n’obtiendrait pas moins de neuf fois la distance entre la Terre et la Lune ! Il ne faut que 14 vis en titane pour associer ces deux moitiés de châssis afin de garantir une liaison parfaitement résistante et chacune des vis coutent près de 100 dollars.

La partie avant, elle, est en aluminium afin d’absorber les chocs et de protéger les occupants dans le véhicule. Elle est assemblée ensuite puis complétées par le câblage et autres organes fonctionnels.

L’étape suivante se passe du côté du montage des pneumatiques, et ceux-là sont impressionnants : 285/30R20 à l’avant et 355/25R21 à l’arrière. Ils ont été conçus exclusivement en partenariat avec Michelin comme pour la Veyron, afin de résister et transmettre l’énorme couple du véhicule. La conception de la voiture a nécessité l’utilisation de 200 jeux de pneus. À environ 10 000 euros par pneu, cela fait une belle addition.

Afin d’essayer pour la première fois le véhicule, un nouveau banc dynamométrique a été développé lui aussi exclusivement pour la voiture car l’ancien ne supportait pas les 1500 chevaux de la Chiron. Le nouvel investissement est désormais si puissant qu’il peut produire une énergie électrique allant jusqu’à 1 200 ampères. Cette énergie excédentaire est alors redirigée vers le réseau éléctrique de la communie de Molsheim. Pendant plus de 2h, près de 60km fictifs sont réalisés avec des vitesses de pointe à plus de 200km/h.

Pour ralentir et arrêter la Chiron, Bugatti là aussi n’a pas lésiné sur les moyens. Les freins sont composés de disques spéciaux en carbone-céramique fabriqués à partir de carbure de silicium. Ce matériau rend le disque plus léger, plus résistant et surtout plus endurant. Les étriers quant à eux sont équipés chacun de huit pistons à l’avant et six à l’arrière, chacun en titane.

La partie aérodynamique n’est évidemment pas en reste, l’aileron arrière adaptatif conçu par Bugatti pour la Chiron est unique en son genre. Il peut être réglé sur quatre positions différentes : entièrement rétracté, légèrement déployé (la position du mode « Top Speed »), totalement déployé (pour les modes « Handling » et « Autoroute ») et enfin encore plus relevé et incliné vers l’avant en position « Air Brake »

Une fois la validation sur banc validé, la Bugatti reçoit ses éléments de carrosserie en carbone. Environ trois semaines sont nécessaires pour peindre tous les éléments et jusqu’à huit couches sont nécessaires pour réaliser ce processus à la main.

Deux techniciens assemblent ensuite l’intérieur du véhicule selon les choix du futur acquéreur.

Avant de prendre la route pour la première fois et finaliser la commande du client, la Chiron est préparée pour les essais sur route et pour cela elle est d’abord entièrement recouverte d’un film résistant aux gravillons et transparent. Ce processus dure à lui seul une journée complète.

Bugatti n’utilise pas les futures roues du client ni le soubassement du véhicule final pendant l’essai, de manière à les préserver. La Chiron parcourt 300 km à travers les Vosges jusqu’à l’aéroport de Colmar afin d’utiliser sa piste d’atterrissage. Elle y est soumise à un test fonctionnel et accélèrera jusqu’à plus de 200km/h.

Le retour vers Molsheim se fait alors de manière plus « habituelle » : sur l’autoroute, afin de refroidir le véhicule.  Si l’essayeur valide l’essai lors du retour à l’atelier, le feu vert est alors donné pour effectuer la vidange de l’huile de transmission ainsi que le remplacement des roues et du soubassement.

La voiture passe ensuite une dernière fois par la cabine de peinture où un tunnel blanc l’attend pour la nettoyer, la polir et procéder à une ultime vérification de la carrosserie.

Une fois la validation par les différents responsables : Assemblage, Qualité et Vente officialisée, le service Client entre en contact avec le futur acquéreur pour la remise de ses clés.

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Même si celui-ci a pu naturellement se déplacer en personne lors de l’assemblage de la voiture, à ce prix, le client ne sera pas laissé de côté une fois son exemplaire en mains. Une équipe de la « Remise Nord » met tout en œuvre pour offrir le meilleur service aux propriétaires de Bugatti. Appelés « Flying doctors » ils voyagent à travers le monde pour réaliser l’entretien et la maintenance des véhicules.

Il va sans dire que Bugatti a élevé une nouvelle fois les performances et le luxe avec le raffinement de cette voiture digne d’une pièce d’orfèvrerie.

Pour plus d’informations, nous vous conseillons de visiter l’Atelier directement depuis le site Bugatti.

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