Album Review #7 Oxmo Pucino & Ibrahim Maalouf « Au Pays d’Alice »

Album Review #7 Oxmo Pucino & Ibrahim Maalouf Au Pays d’Alice

On vous annonçait la collaboration d’Oxmo Puccino et Ibrahim Maalouf dans un précédent article, les deux artistes se connaissent depuis longtemps et sont amis dans la vie. L’un est considéré comme l’une des meilleures plumes du Rap français, l’autre est un trompettiste talentueux et reconnu au niveau mondial qui a gagné ses lettres de noblesse en revisitant le Jazz et en lui ajoutant des touches orientales (il est originaire du Liban).

Au Pays d’Alice est un album conceptuel racontant l’histoire d’Alice aux pays des merveilles (conte écrit par Lewis Caroll). Oxmo se transforme au fil des chansons en conteur d’histoire, il a d’ailleurs aussi écrit tous les textes en s’inspirant de l’oeuvre originale mais aussi en apportant sa touche personnelle pour créer quelque chose de nouveau et d’inédit. Ibrahim est le chef d’orchestre, il a composé la musique et surtout fait tous les arrangements. Ce n’est pas une tâche facile quand on sait que l’album a été pensé pour fonctionner avec l’orchestre philharmonique de Paris avec son lot d’instruments et les nombreuses voix qui viendront suppléer le rappeur pour faire les chœurs.

Ce travail de titan a duré plus d’un an. Les deux ont pensé cet album de façon conceptuel et on voulu expérimenter quelque chose de différent et de peu courant, déjà par le fait de rassembler deux courants musicaux assez différents et qui se mélangent rarement à savoir le Rap et le Jazz. Mais surtout par le thème, car tout l’album traite de l’imaginaire des rêves associé au monde merveilleux d’Alice. Je trouve qu’on retrouve facilement les éléments du livre, l’histoire se déroule de façon chronologique mais les deux apportent une touche supplémentaire qui en fait une oeuvre propre et nouvelle. C’est une version musicale et colorée du conte, comme l’avait fait Tim Burton avec son adaptation cinématographique.

« Jamais quand il faut » est une très belle chanson, très rythmée notamment grâce aux chœurs qui apportent du coffre à la voix du Black Desperado. La partie instrumentale est sublime et on voit toute l’étendue du talent de Maalouf que ça soit dans le solo qu’il effectue au milieu du titre, ou dans la décomposition purement technique.

Ce projet a été pensé en plusieurs étapes, avec la sortie de l’album mais aussi une tournée pour faire vivre ce conte revisité. Même si le concept de l’album parait un peu éclectique, il est facile à écouter et se veut grand public. C’est une belle re-visitation de l’oeuvre originale.

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